03 mars 2008
Je tente d'utiliser de nouveaux logiciels pour mon Linux, ça risque de causer quelques petits désagréments...
Que je revienne.
De temps à autres bien sûr, je n'ai pas franchement le temps. Mais blogger mais me manque. Me manque beaucoup en fait.
Normalement, j'utilisais le blog pour me plaindre, pleurer, monologuer sur ma nullité. Maintenant que tout va mieux, rien ne m'énerve plus qu'un blog qui se répète et qui chiale. Ça m'énerve terriblement même !
Mais bon, je tente de trouver sous mon Linux un joli logiciel pour poster sans passer par le site voire même pour poster offline et mettre en ligne plus tard. Mon nouveau PC portable me suit un peu partout mais je n'ai pas souvent accès au net...
Peut-être que je vais aussi changer de plate-forme. Ça pourrait être une idée intéressante.
23 octobre 2007
The Return
Je suis de retour. Me voilà back, me voilà again. Me voilà quoi.
Je ne sais pas réellement ce qui me pousse à revenir sur mon blog. Peut-être l'installation d'une extension pour Firefox qui me permet de blogguer en direct. Peut-être parce que depuis une semaine je n'ai plus de téléphone et que je suis en manque de contacts. Peut-être parce que la mission première de mon blog est de retour : raconter ma vie à des gens que je connais pas ou à des amis que je ne vois jamais.
Le problème est simple : école + travail maison + travail chez GAME = pas de temps libre. Bon si, j'en ai. Mais pas des masses. L'école me plait à 100%, le boulot chez GAME c'est pas de la tarte mais c'est bien aussi. Finalement j'ai des responsabilités, des devoirs, des professeurs et des "employés" (je suis pas manager non plus hein ^^).
Je suis très content d'être de retour.
J'espère que vous l'êtes aussi.
26 juin 2007
Les Moissons des Raisons de la Colère des Dieux
03 juin 2007
StreamingSoundtracks
Je n'ai pas pu emporter avec moi mes centaines de CD de musique de films donc je me nourris avec StreamingSoundtracks - une radio sur le net qui a tout ce qu'il faut pour me rendre de bonne humeur.
J'ai reçu hier une très jolie lettre de Virgin - papier épais, signature à la main - qui n'avait pas besoin de mes services pour le moment. Je n'ai toujours pas d'emploi fixe en attendant le CEEA/UbiSoft. Je vais bien, je me nourris de boîtes de raviolis (trop de sauce putain) ou alors de la semoule et de la sauce bolognaise et une saucisse de volaille. Je vais bien, vraiment.
J'ai peut-être trouvé un appartement pour Kevin et moi, pile là où il voulait. C'est pas immense mais c'est 25 m², 550€ par mois, meublé, avec le net et surtout tout neuf avec toilettes persos et tout le tralala. C'est une affaire en or même si au 7ème étage sans ascenceur !
Enfin voilà... je vais attaquer lundi matin les vidéoclubs et les magasins de fringues (putain mais pourquoi tout le monde me dit que je dois bosser chez GAP ou chez H&M, j'ai pas le profil !)... Yeah !
02 juin 2007
CEEA ou UbiSoft ?
La première c'est le CEEA. Etudes de scénario. Deux ans.
La seconde c'est UbiSoft. Si je n'ai pas le CEEA, je vais travailler avec eux dès le 9 juillet jusqu'en février 2008.
Deux voies différentes. Deux avenirs. Je vais être fixé le 28 juin.
29 mai 2007
I love cake !
Humeur du moment : busy
20 mai 2007
Paris
Ok les amis ! Je suis à Paris ! Ecoutez cette jolie ballade (j'ai le droit de mettre deux L ouawaoo) de Anthony !
Si je suis à Paris, cela veut dire que je n'ai pas d'argent. Cela veut aussi dire que je dois trouver du travail. Donc ceux qui veulent me voir - et ils sont nombreux - il va falloir ou m'inviter ou alors me suivre dans les rues sombres de Paris, me voir déposer des CV avec le visage serré et le sourire agile, déblatérer ma passion pour les jeux vidéos *slash* le cinéma *slash* la littérature *slash*... les baguettes ?
16 mai 2007
13
Humeur du moment : péchu
Musique du moment : "Part-Time Lover" (Pierre Darmon)
Y'avait ! Parce que maintenant y'a. Ceux qui râlent devraient déjà se sentir heureux de ne pas se taper des commentaires sur la Nouvelle Star tous les mercredi soir. D'ailleurs, ce soir y'a pas - c'est jeudi soir cette semaine.
Donc nouvelle : Paris.
Ma belle-mère m'a dégoté un appartement et 4 chats à garder de maintenant jusqu'au mois d'août. Gratos. Donc on va aller se jeter là-dessus, trouver du boulot et réussir mes concours. J'ai devant moi 13 petites enveloppes : FNAC, Gibert, MicroMania, ScoreGames.
Comme je n'aurais pas trop le temps demain - puisque je dois courir à l'appartement, rendre un truc à une amie à ma belle-mère et puis reprendre le train - je me suis concocté un joli petit programme Austerlitz / St-Michel / Châtelet. Ca sera ma première tentative. Ensuite, si je dois m'occuper de l'appart (sûr à 99%), je relancerai tout ça dès lundi.
Yeah !
10 mai 2007
Soulagement
Nous vous informons que vous êtes admissible au Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle et que votre dossier de candidature a retenu toute l’attention de notre comité de sélection.
[...]
Nous vous prions d'agréer l'assurance de nos sentiments les meilleurs."
Dire que j'étais sûr de l'avoir, c'est faux.
Dire que j'étais pas sûr de l'avoir... c'est faux aussi.
J'étais entre deux eaux. L'assurance d'avoir été à la hauteur l'an dernier, le sentiment d'avoir fait une bêtise. Cette année, j'ai misé sur le synopsis classique à construction classique pour montrer que je savais quand même faire des trucs classiques nom de dieu !
Alors bien sûr... je ne sais pas ce qu'ils en ont pensé, là-bas, de mon synopsis. Je sais que l'an dernier j'avais été remarqué (dixit un membre du jury) par mon sujet et mes constructions (flash-back à outrance, j'adore ça). Maintenant, il va falloir que j'assure !
Le 1er juin je serais à Paris.
09 mai 2007
Turquoise - première version
Je suis arrivé à sortir ça. Dites mois ce que vous en pensez, ce que vous aimez, ce que vous n'aimez pas. Merci de votre lecture :)
Turquoise
Je l'ai vu sur la terrasse du restaurant. Je l'ai vu ensuite sur le port, il achetait du poisson avec une femme plus âgée. Plus tard, il grimpait à bord de son bateau, un catamaran étincelant, avec un équipage. Quelques minutes après, il m'a croisé près du phare ; je rejetais à l'eau la peau de mes graines de tournesol. Enfin, il m'a suivi sur mon petit zodiac, nous avons quitté le port. Il regardait son propre bateau qui rapetissait. Les montagnes ocres, le port animé. Il laissait tout derrière. Nous avons remonté un flot de pêcheurs – des vieillards comparés à nous – qui rentraient à terre. Leurs barques étaient taillées grossièrement dans un tronc. Elles étaient usées par le sel de la mer. Leurs moteurs broutaient l'eau, emplissant l'air d'un vrombissement crispant. Des filets chargés de poissons, des cages en bois faites à la main retenaient des crabes et des langoustes ; le visage des pêcheurs, buriné par le soleil, du contentement dans les yeux et parfois, une petite mélodie qu'ils sifflaient avec gaieté.
Un peu plus tard, nous avons atteint la petite crique où j'avais ancré mon bateau. On n'avait rien dit de tout le trajet, il m'avait juste touché la cuisse quand le zodiac a démarré. Sur le pont du bateau, il a enlevé sa chemise en lin qui n'était fermé que par le bouton du milieu. Elle était si vaporeuse que je n'avais eu aucun mal à me l'imaginer torse nu. Une peau laiteuse frappée par le soleil, une couleur cuivrée, uniforme. De petites rides de peau encore blanche aux jointures du coude, des épaules, des genoux ; la plante de ses pieds, ses ongles, ses mains et ses lèvres encore roses et diaphanes. Les racines de ses cheveux plus claires que ses pointes, les yeux plissés par la lumière. Mes yeux grands ouverts, fixés sur lui.
Etait-ce ses parents sur le port ? Cet homme âgé, qui semblait vouloir rester dans le port qu'ils n'avaient pas quitté depuis trois jours, était-il son père ? Cette femme calme et gentille, un sourire toujours ancré sur son visage, était-elle sa mère ? Je ne reconnaissais sur son visage, sur son corps que j'embrassais, rien qui ne venait d'eux. Ses jambes ont serré ma taille ; dans sa bouche, il y avait encore le goût d'un chewing-gum.
Peu de gens savent que je passe mes étés à naviguer seul. Dans mon entourage, on me considère comme un homme de la ville, un amateur de cinémas, de musées, de musiques. Dans mon collège, je suis connu pour ma gentillesse et ma transparence. On se doute bien que je ne bronze pas en salle – que je me rends sur une côte de la France et que je reste au soleil pendant des heures. On me demande où je fais ça : les Landes ? la Côte d'Azur ? la Bretagne ? l'Espagne ? l'Italie ("J'aurais juré que c'était toi à Palerme !") ?
Je répondais évasivement, je citais un petit village perdu dans les calanques près de Marseille et je prétendais m'intéresser aux vacances des autres. Je ne fais pas de dîner-photos de vacances, de soirées diapos. Je n'envoie pas mes souvenirs de vacances en fichier joint à tous mes collègues et lors des réunions de classe, je reste discret.
J'aimerais vous sortir une phrase d'un poète célèbre qui parle de la solitude, de la discrétion ; je n'en connais aucun, je suis professeur de biologie. Je ne m'intéresse pas à mon métier et mes élèves me le rendent bien. Je leur donne cours avec une régularité qui endort, qui assomme. Au premier rang, les plus fayots ou les plus passionnés m'écoutent avec ferveur. Une sorte de gourou qui débite inlassablement des mots compliqués et grinçant à l'oreille : globule, cellule, molécule, mandibule, follicule.
Ils ne m'aiment pas. Je le sais, je les entends parler ; les autres collègues viennent me dire "oh la petite trucmuche est venue se plaindre de vous avec sa mère je ne savais pas quoi dire je pensais que tout allait bien peut-être faudrait-il revoir votre façon de donner les cours trop de devoir peut-être pas assez de sympathique envers la matière que vous enseignez vous aimez la biologie ne préfèreriez-vous pas enseigner à des lycéens ils sont souvent plus ouverts a des cours magistraux ne me regardez pas comme ça je tente de résoudre les problèmes de mes élèves mais non n'ayez pas peur je ne vous en veux pas il faut juste que vous puissiez être plus coulant parfois non pas que vous soyez un monstre de rigueur comme peut l'être la prof de français qui est une véritable peau de vache c'est pas comme ça qu'elle aura envie de faire lire les enfants pas en leur faisant lire ça attendez un instant allô oui tout à fait oui je comprends mais comment oui d'accord je dois y aller au revoir ; j'étais contente de vous parler."
Je passe mes étés sur l'eau. L'Espagne il y a deux ans, l'Italie l'an dernier. La Turquie et la Grèce cette année. Je m'éloigne de la France. Je la fuis. Mon petit collège tranquille, pas trop de loin de Paris, pas trop près des banlieues, à deux pas de la campagne calme et en même temps très moderne. A deux pas de la fin d'une ZEP.
Je navigue. Mon père a hérité d'un petit voilier et j'en ai hérité à sa mort. Il ne l'avait pas énormément utilisé, malade comme il était. Ma mère n'en a pas voulu. Je l'ai récupéré, réparé avec mes économies et je l'ai lancé sur les flots. Et j'y suis allé aussi. De la Normandie jusqu'en côte basque. Puis l'Espagne. Puis l'Italie, la Sicile. Cette année, j'ai évité les îles grecques et j'ai foncé vers la Turquie. Encore trop de bateaux pour être tranquille ; il y a heureusement suffisamment de petites criques, de petites îles solitaires sur la mer, de baies oubliées. De mon bateau, je vois parfois des touristes qui débarquent – appareil photo, casquette, lunettes de soleil – sur les hauteurs des falaises blanches qui dominent la mer. Je les déteste.
Quand il a parlé, il m'a fallu quelques instants pour reconnaître la langue. Il était russe, parlait un peu l'anglais. Il m'a demandé une cigarette – que je n'avais pas. Il a sorti de sa poche un chewing-gum et l'a mâché en silence pendant plusieurs minutes. J'avais ramené mes jambes sous mes bras et je le regardais. Il était allongé sur le pont de mon petit voilier, insouciant. Ses parents devaient être morts d'inquiétude. Je n'ai pas osé lui parler de ça. Au fond de ma gorge, s'était tapi son sperme que j'avais englouti. Mon pied s'est approché de son cuisse et il a comme sursauté.
Il était plus que beau. J'en vois beaucoup des gamins beaux dans mes classes. Toute la journée, ils arrivent, s'installent, m'écoutent et une heure plus tard, se lèvent et s'en vont. Je les revois le lendemain, le jour d'après encore. C'est le week-end, je me morfonds dans mon appartement et puis c'est lundi et ils sont de retour. Ils ne changent pas de place dans la classe. Je sais que Philippe (petit rouquin, visage doux, mains épaisses) est assis deuxième rang, deuxième rangée ; Martin (blond, yeux verts intense, bras épais) dernier rang, première rangée ; Ludovic (blond aussi, lèvres pulpeuses, cerveau de moineau, gel dans les cheveux) dernier rang, troisième rangée ; ainsi de suite.
Lui c'était différent. Le petit russe avait une sorte de fraîcheur glacée dans son visage qui dénotait avec son teint. Il avait de petits tétons piquants et une large aréole. Des cils courts, une bouche droite et peu hautaine. J'essayais de me l'imaginer "en société" sans avoir vraiment une idée de ce à quoi ressemblait la société russe. Ses parents – ou ses grands-parents – étaient plutôt aisés si j'en jugeait par la taille de leur catamaran, l'équipage à leur service et leur skipper personnel. Mais peut-être était-il juste un ami de cette famille. Adopté ? Cousin éloigné ?
Il s'est retourné et son dos était zébré des lattes de bois du pont. Il avait remis son slip, le genre de slip d'enfant qu'on porte plus par défaut que par esthétique. Un slip qu'il devait avoir eu quelques années plus tôt, qui s'était déformé ; il était serré aux bords, un peu plus lâche partout ailleurs ; informe, il me cachait la vue. Je ne voyais pas ses yeux mais il devait regarder la côte. Quand il se retourna, il avait décidé qu'on devait partir. "Rentrer chez toi ? – Non, partir. Vite."
J'ai remonté l'ancre. Il avait quelques connaissances en voile et nous avons lancé le bateau ensemble. Il devait être 15 heures de l'après-midi, le soleil tapait fort. Il était quelques mètres devant moi, toujours en slip, sa jambe gauche glissée sous la jambe droite, qui pendait dans le vide. Quand le bateau tanguait, sa jambe venait frapper le bord de la banquette sur laquelle il était assis. Il s'est tourné vers moi et m'a sourit.
A ce moment là, je me serais presque fait régurgiter pour sentir à nouveau sa semence dans ma bouche.
Nous avons passé quatre jours ensemble. C'est court quatre jours sur la terre ferme. Sur un bateau c'est un peu plus long. Le tangage du voilier ralentissait la course du temps ; chaque floc du bateau était comme une seconde qui s'écoulait doucement.
Nous avons fait l'amour tellement de fois que j'ai perdu le compte. Ses reins avaient une puissance que j'avais sous-estimé en le voyant. Il était plus vieux qu'il en avait l'air. Il avait même peut-être plus d'expérience que moi. Une fois entré en moi, il installait un rythme féroce, me tenant aux épaules lorsque j'étais accroupi, me serrant les cuisses quand j'étais en face de lui, mes jambes autour de sa taille. Je suis quelqu'un de discret, je l'ai déjà dit. Je n'ai jamais crié, malgré la violence de son bassin.
Le troisième jour il m'a demandé si j'aimais ce qu'il me faisait, parce que je ne faisais pas de bruit. J'ai répondu que j'étais comme ça. Je ne faisais pas de bruit.
Le soir même il s'est laissé prendre. Nous avions vaguement parié. J'ai été bienheureux de nous avoir installé à l'extérieur de la petite île en forme de croissant dont les falaises auraient répercuté les cris qu'il poussait. C'était un mélange de râle, de gémissements, de cris de douleurs. Je l'entendais me dire qu'il en voulait plus, en anglais, en russe. Lui qui paraissait si expérimenté quand il avait le dessus, se transformait dans mes mains en un jeune homme qu'on avait jamais touché. Je sentais son corps qui se tortillait sur mon sexe, comme s'il essayait de s'enfuir.
Le matin même, en arrivant dans cette petite île, il avait voulu qu'on mette bien à terre. Quelques ruines antiques étaient à demi-englouties. Des colonnes grecques, une statue d'une divinité étrange reposait à moitié dans l'eau. C'était une île de moitié : un large demi-cercle, des ruines à demi-conservées, à visiter à demi-mouillé… J'éprouvais ce jour là une furieuse envie de détruire toutes les îles, toute la terre environnante. De vivre sur une étendue d'eau infinie. J'ai cru en descendant à terre qu'il allait vraiment vouloir visiter les ruines, ancien temple tombé dans l'oubli, abandonné par un peuple remplacé. Je craignais qu'il allait porter un réel intérêt à ces sculptures de pierre, ces jeunes gras, petits sexes, petites toisons, corps flasque, imberbe. J'ai cru qu'il allait vouloir me faire un cours dans un anglais approximatif sur les origines de cette divinité là, dont le visage était comme boursouflé et posé sur un corps dans la pure tradition hellène ; divinité de la mère créatrice, empruntée aux Perses, aux Egyptiens. J'ai imaginé qu'il allait m'imposer un tour complet de l'île, une question de minutes mais quand même, je pensais à ce qu'on ratait.
La couchette de la seule chambre du voilier avait le bon goût d'être large et vaste pour que deux corps y jouent sans frapper la coque, sans cogner le plafond creux. J'y ai souvent placé des rêves érotiques : deux hommes coincés dans une boîte en bois, luttant sur un tatami matelassé. Mon petit russe est devenu dans mes rêves une sorte de fantôme insolant, qui est tout le temps là sans apparaître. Il reste à l'orée de ma perception, il se cache entre les remous des rêves. Je le sentais, je ne pouvais pas le toucher.
Après notre petite escapade, je l'ai encore souvent senti dans mes draps. Il transpirait beaucoup ; à sa peau restait parfois collé un morceau de tissu ; la taie d'oreille puait la sueur d'ado. Les amants suivants – dieu que je hais ce mot, amant – ne restèrent jamais aussi longtemps imprimés.
Quand je voyage sur le bateau, je n'ai quasiment jamais l'occasion de laver mon linge – encore moins la housse et la petite couette du lit. Quand je rentre au port, après plusieurs semaines sur l'eau, je dépose tout ça dans une laverie. Je reste habillé pendant près de quatre semaines d'un seul short bermuda, d'un t-shirt rayé blanc et rouge. Depuis le temps, le rouge a lentement viré au rose, le blanc au gris, les manches se sont écornés, le fin ourlet du bas s'est ouvert. Le col est d'un côté relevé, de l'autre écrasé. Je dois avoir l'air d'un sauvage sur mon bateau. Silencieux, barbe de plusieurs jours, yeux grands ouverts sans se soucier du soleil, bras et jambes cuits, mains craquelées par le sel et l'embrun. Heureusement je rencontre peu de monde, la plupart du temps dans mes escales furtives où je remplis mes placards de conserves. Quelques fruits aussi. Des médicaments achetés dans un marché bruyant.
Je laisse les souvenirs aux touristes. Je les suis, je les admire parfois. Mon petit russe fait partie de ces gens-là. Je me faufile derrière eux, j'attrape le regard d'un jeune homme (en voyage de noces ?), d'un ado, d'un autre navigateur même. Ils sont rares. Ouverts pour boire un verre sur le pont du navire, pour ouvrir une conserve, fêter avec une bonne bouteille parfois. Heureux de glisser son doigt et un crayon sur une carte immense ouverte sur la table du deck. Impatient de repartir, de sauter d'un bateau à l'autre, de reprendre la mer. D'aller voir une vraie mer – la Méditerranée ne semble pas plaire aux vrais marins –, d'aller tâter de grosses vagues, des tempêtes, la vraie solitude. L'Atlantique féroce, l'Indien indécis, le Pacifique infini.
Ils sont plus énervants et crispants qu'autre chose. Je ne les aime pas ; ils veulent briser les instants de solitude que je tente de me construire, ils veulent refaire le monde à leur manière. Ils fuient le plancher des vaches qu'ils jugent désagréable, inhabitable, rempli de créatures malpropres et infectes. Beaucoup rêvent de mourir dans un grand malstrom. Rester un souvenir, un destin, un grand homme ! puisqu'il a choisi de mourir sur l'eau.
Je repense à ces marins détestables alors que je suis mon petit russe qui se glisse entre les pierres grecques. Romaines ? Il s'allonge par terre, sur une motte d'herbe, m'invite à le rejoindre. Je lui retire son t-shirt, mes mains glissent sur son torse imberbe. Il frémit de sentir les tranchées dans ma paume, les rides creusées de mes phalanges. Un doigt ; il gémit. Autour de nous, personne.
Ou presque : un bateau arrive dans la crique, propulsé par un moteur. Nous avons le temps de nous sucer avant qu'il ne réussisse à trouver un coin propice à son ancre de plaisance. Je ne quitte pas des yeux le petit yacht, l'homme à la barre, le dos couvert de poils, une vieille femme silencieuse cachée derrière des grandes lunettes. Je ne le quitte pas des yeux alors que la langue du petit russe se glisse dans mon nombril. Il griffe avec ses doigts, mordille avec ses dents ; il a l'air assoiffé, il avale tout, ne me garde rien.
Nous nous relevons. En remontant à la nage vers le bateau, nous croisons les nouveaux venus. Ils nous saluent. En russe, puis en anglais. On répond mollement, on repart vers le voilier. Je crois qu'on fait la course – les règles ne sont pas très claires pour moi. Je sens encore ma queue à demi dure qui me gêne. Je passe en crawl, je le rattrape. Depuis l'arrière, le bateau des touristes est laid. Rien de plus laid qu'un bateau sans voiles. On dirait la coupe imparfaite d'un immeuble, gros carré blanc tranché diagonalement, évidant transats, antenne radar, barre en bois fin, rambardes en métal poli.
J'arrive le premier au bateau – ce soir, je le prendrais comme il m'a pris.
Le quatrième jour, nous avons quitté l'île. J'ai guidé le voilier vers le large. Il était triste ce matin-là. Un peu plus tard dans la journée, il s'est enfermé dans la chambre. Je suis resté à la barre. Le vent s'est levé, il a plu et puis le soleil est réapparu comme si de rien n'était. Elle m'a lavé du sel que j'avais sur le corps. Une tache de sperme sur mon bermuda aussi. Quand l'averse s'est arrêté, il est sorti de la cabine et il est venu s'asseoir à côté de moi. Sur son visage, des larmes avaient coulé ; on voyait encore le chemin qu'elles avaient pris en "roulant" comme disent les romans à l'eau de rose.
Je l'ai serré contre moi, il m'a glissé sa main dans mon dos et il a conduit le bateau jusqu'à une autre petite île perdue au milieu de la mer. Les restes d'une petite cabane faisait office de tour de garde ; il n'y avait pas âme qui vive. Nous avons ancré le voilier et nous sommes partis en zodiac sur la terre ferme. Des pierres blanches recouvraient toute l'île. Leur blancheur nous brûla les yeux à midi et quand le soir est tombé, elles réfléchissaient les derniers rayons orangés du soleil.
Nous fîmes l'amour entre des rochers tranchants et de petites touffes d'herbe jaunie. Il s'est endormi. J'ai caressé son visage. Sa bouche était encore entr'ouverte.
Le petit russe s'était épuisé sur mon corps pendant deux longues heures, il avait sucé, pénétré, joui puis sucé à nouveau et pénétré encore ; il ne s'était pas arrêté de l'après-midi et comme après une longue après-midi d'activité, il s'est endormi comme un enfant dans la voiture qui le ramène chez lui. Je suis monté dans le zodiac et j'ai quitté l'île en quelques minutes. L'ancre n'était pas encore sèche lorsque l'île a commencé à disparaître derrière moi. L'horizon était chargé de lourds nuages gris, presque noirs. Je ne me suis pas retourné. Dans la cabine, j'ai aspergé les draps de déodorant bon marché ; son odeur n'est jamais parti. Sur le pont, il y avait encore son chemise en lin. J'ai enlevé mon t-shirt, j'ai mis sa chemise. Elle me serrait aux épaules et les boutons ne se fermaient pas tous. J'ai navigué longtemps comme ça, l'air un peu fou, l'air un peu endormi.
Je ne me suis pas retourné.
47 et des poussières
Royal tout ça... Enfin je vais revenir. Ne vous inquiétez pas ^^
30 avril 2007
Repas
Je vais vous parler de mon menu de ce soir et de comment je l'ai fait ;)
* Apéritif *
* * *
* Magret de Canard au Miel *
* Petits Pois à la Crème *
* Pêches caramélisées à l'Orange *
* Riz Sauvage *
* * *
* Amadeus *
* Glace Banane et morceaux de fraise *
Bon, "Apéritif" vous pouvez le faire sans moi. Y'avait de la tapenade, de la crème d'artichaud et du tarama sur des petites tranches de pain à la figue - ça va hyper bien avec le tarama !
Ensuite Riz Sauvage, pas compliqué non plus, je l'ai acheté tout fait.
Pour les Magrets ^^ Je les ai fait mariner 2 jours dans un mélange de vinaigre de Xéres, de soja, d'huile d'olive, une pointe de Viandox, poivre, gingembre, poudre de curry et un peu de miel. Une heure avant de les faire cuire, je les ai généreusement badigeonnés de miel.
Ne pas oublier de couper en damier le gras du canard - important.
Pour les Petits Pois, y'a pas plus simple et il n'y a pas meilleur. Dans une casserole : faire revenir du beurre, des lardons et un oignon. Une fois que c'est bien cuit, on rajoute des petits pois (dans mon cas : deux boîtes de conserve mais on peut le prendre surgelé aussi). Attention, veillez à ne mettre que la moitié du jus des petits pois s'ils viennent de conserves. On remue bien. Laissez cuire 5 minutes.
Et c'est là que ça va être intéressant : on baisse le feu. Sel et poivre généreux, un brin de muscade, deux belles cuillères à soupe de crème fraîche, autant de vin blanc. On mélange bien et on laisse mijoter 20 minutes à feu doux.
C'est trop bon.
Quant aux pêches... Petit conseil : prévoyez plus que de raison puisque la pêche va terriblement réduire lors de la cuisson. On peut utiliser des pêches fraîches mais il faut être bien sûr de leur qualité. Moi je prends pour cette recette des quartiers de pêches en conserve. C'est toujours parfait.
On commence par couper les quartiers en fines lamelles. Dans une poêle, on fait fondre le beurre puis on fait cuire les quartiers. Attention à mélanger avec douceur les pêches, sinon elles se cassent.
Quand vous commencez à voir qu'elles dorent, vous recouvrez les pêches d'un peu de jus d'orange, d'une cuillère à café de moutarde à l'ancienne (avec les grains) et de sucre (roux de préférence). Vous laissez réduire. Au bout d'un certain temps, vous commencerez à avoir une sorte de caramel léger. C'est le moment de grossir ^^ On rajoute deux cuillères de crème liquide et on mélange vite. Le caramel va devenir plus proche du toffee ^^
C'est prêt :)
Pour les Amadeus... vous aurez la recette demain. Je viens de finir ma verveine et je vais aller me coucher.
Vive le chinois.
28 avril 2007
Attente
Humeur du moment : pas dans mon assiette
Musique du moment : Concert à Madrid (T. Jones)
Je suis dans un sale état. L'attente. Voilà tout ce que je peux faire. L'attente de Nintendo, du CEEA, de La fémis, même de UbiSoft peut-être. Je suis en attente. J'attends. Attendre, verbe du troisième groupe. Groupe de quoi ? Je suis que troisième ?
J'ai envie de faire quelque chose mais j'ai le sentiment que tout ce que je touche ce transforme en ennui. Une sorte de Midas chiant quoi. J'allume ma console et le jeu semble tout mou. Lolita traîne sur ma table de chevet et j'y avance pas. Sur mon bureau, mon cahier est rempli d'idées à écrire, de textes à taper... mais rien n'y fait, j'y arrive pas.
En plus je suis de mauvaise humeur. Rien que ce matin, j'ai cru que j'allais frapper quelqu'un et puis vivement le 7 mai au matin, que mon père me foute la paix avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Oh la la ! A la moindre occasion (et y'en a beaucoup) il attaque Royal et prétend ne pas aimer Sarkozy.
On a bien vu son jeu à la maison ! Ah ah ! On a bien vu son jeu !
Mais voilà... je retombe dans l'attente. C'est pire que l'ennui. Quand on s'ennuie, on peut trouver des trucs à faire. Là j'ai le sentiment que tout ce que je vais commencer, va devoir s'arrêter tout de suite après.
Vivement des nouvelles....
26 avril 2007
23 avril 2007
Lazare en personne
Humeur du moment : un peu déprimé il faut l'avouer
Musique du moment : Kinsey(C. Burwell)
Me revoilà. J'étais à Paris dans un coup de vent insipide, la gorge prise, l'impression d'avoir trahi 75% de mes amis. Mais sinon ca va. Et vous ?
Ici je déprime. Ouais ouais, vous avez bien lu le mot : "déprime". Parce que my lover is gone. Voilà pourquoi. Je ne sais pas si c'est un passage obligé pour l'être humain... mais est-ce normal qu'à un moment de sa vie on a envie de dire adieu à sa famille et de disparaître dans la nature avec un petit chinois ?
En tout cas... pffff Marre de Fleuray.
J'ai voté pour la première fois hier. Une belle expérience. Sans trompettes ni fanfare, j'ai glissé un nom dans une enveloppe et une enveloppe dans une urne et le monsieur a dit : "a voté !" et j'étais content. Y'avait une drôle d'ambiance à la maison hier, peut-être à cause de ça.
Et le concours de La fémis me direz vous ? Et bien c'est ici que j'en parle.
12 avril 2007
Covers
J'ai ressorti mes vieilles covers poussièreuses de mon dossier Créations. Arf ! Quelle prétention !
Un back d'un CD que je me suis fait avec le score de Armstrong pour Moulin Rouge et pour Love Actually. Sympathique. La police est moyenne - bonne pour un titre mais pas pour tout un listing.
Joli back non ? Ennui : le texte passe d'un fond vert à un fond noir... pas terrible ca. Il aurait fallu mettre un cache noir un peu tansparent

Cover très... expérimental. Je ne trouvais pas une image sympa pour la cover, donc j'ai décidé de faire un truc très expérimental. C'est pas réussi ^^
Très vilaine front... mais je ne trouvais aucune image sympa et assez grande. Donc j'ai flouté et blanchi. Ca donne un côté sympa cela dit. Mauvaise idée d'avoir rempli les caractères avec des trous ^^
Erreur de débutant : trop d'images qui rendent le back flou et illisible. Un petit effet sous le texte aurait été très intelligent...
10 avril 2007
In Dreams
Bizarre. Etrange.
Je vous laisse juge.
Je suis à New York. Je me balade, j'achète des BDs en papier journal. Je me balade à Central Park. Devant moi, une dizaine d'enfants font du vélo. Soudain, c'est le drame, ils tombent par terre, la plupart tombent dans le coma. Hémorragie interne ici, bras cassé par là. Je les aide, je fais les gestes de premier secours. Je prends mon téléphone et j'appelle 911. "Hi ! I'm in Central Park and I need some help ! - What's your name ? - I'm french, my name's Jean-Marie Le Pen."
(vous avez bien lu)
Ellipse. Je suis caché derrière un muret. La police me tire dessus. Je tente de les calmer mais personne n'écoute. J'hurle que j'ai sauvé les enfants que je ne leur voulais aucun mal. Je comprends que les parents, en découvrant que j'étais Le Pen, on dit que j'avais délibérément fait mal aux enfants, qui sont juifs. On me tire dessus. Les policiers tuent mon chien.
(et c'est pas fini)
France. Un dîner cossu avec des membres du FN. Une femme : "M'enfin cette histoire est incroyable ! Jean-Marie est tellement gentil !" Un homme lui répond : "Oui, surtout que tout le monde sait qu'il est juif lui aussi ! Quelles sont les raisons qui auraient pu le pousser à faire mal à ces enfants qu'il a ensuite sauvé de la mort !"
Fin du rêve.
Je vais donc voter pour Jean-Marie Le Pen. Ca me semble évident. Ils ont balancés dans les airs des ondes gamma qui sont venues triturer mon cerveau et manipuler mon esprit. Le FN est vraiment trop bien.
Viquende 2
Humeur du moment : malade
Musique du moment : The DaVinci Code (H. Zimmer)
En fait, je crois que le bonheur c'est juste deux types tout nus qui jouent à une GameCube.
"Le Valet"
La première fois que je l'ai rencontré en chair et en os – avant ça je ne l'avais vu qu'en photo –, j'ai enfin compris ce qui m'avait mis mal à l'aise. Il se tenait à côté de Nicolas, un peu timide, réservé. Dans le café où nous étions, il n'y avait presque personne, à part eux deux, et moi. Je buvais un café crème, Nicolas du thé et il avait pris un jus d'orange. Il devait être 11 heures du matin, pas plus. Les gens qui entraient dans le bistrot achetait des paquets de cigarette, certains des jeux à gratter. Deux tables plus loin, une dame faisait son loto en cochant avec adresse les petites cases rouges du billet.
On avait pas dit grand chose. Surtout lui. Quand je suis nerveux, je parle beaucoup, je m'emporte. Sous mes doigts, je sentais la texture un peu collante du faux marbre et je n'avais qu'une seule envie : qu'il parle.
Quand on dit bonjour, on a souvent un ton simple, sans ambages. Il n'avait dit que ce mot depuis le début de la conversation et je ne suis pas suffisamment sensible pour ressentir chaque subtilité – du moins pas dans un mot aussi court que bonjour. On voit souvent à la télévision des experts qui étudient et jugent les mouvements des hommes politiques ou des stars : "il met son pied droit plus loin que son pied gauche, ça veut dire qu'il est sûr de lui et qu'il a peur des avions." Je ne peux pas faire ça.
Assis à la gauche de Nicolas, il baisse souvent les yeux dans son jus d'orange et n'ouvre pas la bouge. Je pense que j'ai parlé de Franck, du moins un peu. J'ai dit la vérité : que c'était assez sérieux mais qu'il n'aimait pas rester avec une seule personne. Qu'on vivait plus ou moins ensemble, qu'il sortait un peu trop à mon goût. Mais que j'étais amoureux – et à l'époque, c'était sincère.
Puis Nicolas a parlé, il m'a parlé de sa mère qui voulait de mes nouvelles et puis de son père qui a encore eu un accident de voiture. On finit nos cafés, j'hésite à prendre un kir – mais j'ai peur qu'il me prenne pour un alcoolo – alors je reprends un crème. La vieille dame à côté de nous se lève et va encaisser sa grille. Je me tourne vers lui : "et toi, tu fais quoi exactement comme boulot ?" Je le sais très bien, c'est d'ailleurs la première chose que m'a dite Nicolas. Il se rassoit, se racle la gorge et parle. Ses paroles ne sont pas importantes ; le ton de sa voix est étrange, à la fois un peu efféminée et grave.
Il est traducteur pour une petite maison d'édition. C'est là qu'il a rencontré Nicolas d'ailleurs, lorsqu'il est venu à plusieurs reprises harceler un directeur littéraire. Je me souviens que Nicolas écrivait un livre. Un gros truc, très long, très chiant. Je ne l'ai jamais lu – je n'ai jamais eu le courage. Ca me blesse au fond de moi, je me rends compte que je l'ai mal traité, que je n'ai pas fait ce qu'il fallait peut-être. Est-ce que j'ai été un bon compagnon ?
Pendant qu'il va aux toilettes, Nicolas me demande comment je le trouve. "Très bien". Et puis il m'explique à quel point il l'aime et qu'il est heureux. Que tout va mieux – si je me souviens bien, Nicolas a passé quelques mois en dépression après avoir fini son livre ; je n'étais pas là pour lui, j'étais en voyage à l'autre bout du monde – et qu'il est enfin heureux. Je le félicite, c'est la tradition je crois. Il revient et rappelle à Nicolas qu'ils doivent à tout prix passer à la FNAC pour le cadeau d'une amie. Je paye l'addition. On se lève, ils me remercient. Surtout Nicolas. Et on se sépare devant le bistrot – il vont d'un côté et moi de l'autre.
Il me ressemble. Ce n'est pas moi mais c'est une sorte de portrait robot flou et imprécis de moi. Peut-être est-ce de la jalousie, de la colère, de l'amertume. Je suis heureux moi aussi. Je n'ai rien à lui envier.
Mais Nicolas vit et mange et dors et baise avec un type qui me ressemble. Les mêmes yeux verts, les mêmes cheveux, une coupe similaire, un faux air étrange. Ses avant-bras poilus, son petit bouc, ses oreilles un peu décollées – c'est moi aussi. Son nez épais qui dessine son visage, sa voix douce mais masculine. Sa carrure est un peu différente, ses épaules sont moins larges et il a pas mal de kilos en moins que moi. Sur la première photo que j'ai vu, il se tenait debout sur le balcon de Nicolas et son polo vert laissait entrevoir un torse pubescent : de petits poils naissant qui ne grandiront plus et qui forment un petit duvet doux et agréable.
Est-ce qu'il me ressemble vraiment ? Je m'arrête devant une vitrine. Mon visage se même au reflet de la rue : je vois des épaules larges et à la base de mon cou, quelques poils courts qui cherchent la lumière. Plus haut, un nez épais, qui dénote par rapport à des yeux plus fins, très féminins. Ma bouche est plus large que la sienne, des dents plus régulières peut-être ? J'ai de petites rides de rire au coin des yeux, mes joues sont plus vivantes. J'ai une barbe courte là où il a un bouc, mes yeux sont bleu clair là où les siens sont bleu sombre. Et mes cheveux ? Courts chez lui, un peu plus longs chez moi.
Un faux air. Une vague ressemblance. J'ai envie de les suivre, de les observer, de voir comment il bouge, comment il se déplace. Voir comment il est en vrai – dans la vraie vie. Envie de me glisser dans la peau de Nicolas une seconde et de "me" voir.
Je l'ai revu quelques mois plus tard. Nicolas m'avait invité pour la sortie de son livre. Une grande fête dans l'appartement de son éditeur. J'ai hésité, essayé m'amener Franck avec moi – notre couple commençait à n'exister que sur le papier et une fois par semaine sur mon divan – mais il a refusé. La fête se tenait dans un grand appartement au cœur de Bordeaux, un loft moderne et monochrome qui sentait l'argent et le bon goût. Une étagère design faisait le tour de la pièce et permettait de voir chaque livre qui avait été publié par l'éditeur.
Au détour d'une ballade, j'ai entrevu son bureau – qui n'était pas du tout dans le même style. Plus fermé, des moquettes vertes et du bois partout. Des livres reposaient en piles immenses qui frôlaient la hauteur d'un homme. L'éditeur en question était un homme d'une cinquantaine d'années qui ne lâchait pas du regard Nicolas. Ses longs doigts serraient mollement une coupe de champagne et il me parut alors totalement antipathique.
Quant à Nicolas, il rayonnait. Il avait pleuré je crois – ses yeux étaient humides et il reniflait souvent. Il s'était habillé comme il pouvait, une chemise blanche cintrée et un pantalon noir qui était trop long. Ces détails me frappaient alors qu'il s'avance vers moi. Il me serre dans ses bras, avec une confiance et une amitié que je ne pensais pas recevoir. Je l'entends renifler un peu et me dire "merci d'être venu". Il a donc vraiment pleuré. Sa voix est tremblotante et je sens à son haleine qu'il a déjà bu quelques verres.
Il m'entraîne dans le salon et me fait rencontrer pas mal de gens. Des éditeurs, des journalistes, une présentatrice télé assez connue. Je suis "un ami très proche" pour eux et il a son bras autour da ma taille, un signe très amical. Il me tend une coupe de champagne. Je lui demande où il est. Nicolas m'explique qu'ils ont eu un petit accrochage cet après-midi et qu'il ne viendra peut-être pas.
On va discuter tranquillement sur la terrasse. Il est près de neuf heures du soir et pourtant le soleil tarde à se coucher. Il me raconte la joie qu'il ressent au moment présent, le bonheur d'être un peu reconnu même si le livre ne sort pas avant quelques jours. Il a déjà fait une télé, avec la présentatrice de tout à l'heure. Elle l'a trouvé très bien.
Nicolas a toujours eu besoin d'un maximum d'encouragement ou alors d'une ignorance parfaite : dans les deux cas, il se motive, s'énerve et agit. Alors qu'il me parle, je me rends compte que je n'ai fait ni l'un, ni l'autre. J'ai toujours eu un comportement assez distant avec lui, malgré mes sentiments. L'impression de l'emmerder avec mes histoires et donc que les siennes me feraient le même effet. Résultat, après près de six mois ensemble, je l'ai quitté et je suis parti au Sri Lanka pour travailler à l'ambassade française.
Il se remet à pleurer. Je le prends dans mes bras. Je lui chochotte d'arrêter de pleurer, que tout va s'arranger avec lui mais il répète "c'est pas vrai, c'est pas vrai." Il a des accès d'immaturité qui tranchent totalement avec ce qu'il écrit et qui il est en vérité. Je n'ai pas à le consoler longtemps puisqu'il arrive. Le visage plus blanc qu'au bistrot, un petit cadeau dans les mains. "Regarde qui est là" : Nicolas lève la tête et court vers lui. Je m'éclipse doucement, les laissant s'embrasser et se rabibocher.
Je bois encore un verre et puis je papote avec l'éditeur. Il semble intéressé par mon année au Sri Lanka mais il dit ça par pur altruisme – ou parce qu'il veut me faire grimper dans son lit. Et quand je suis débarrassé de lui, je rentre chez moi.
Le lendemain matin, je n'arrive pas à me lever. Ma tête gronde, mon front me brûle et après quelques pas debout, je m'écroule entre ma chambre et ma salle de bains. Je réussis à réintégrer mon lit et je me rendors, péniblement. S'en suit quatre heures de réveil et de sommeil, à naviguer entre la fièvre, les rêves, la faim puis l'envie d'aller pisser. Dans ma tête, je passe en revue les gens qui peuvent venir me filer un coup de main : mes amis à Bordeaux bossent tous dans la journée ; ma famille est en province. J'hésite et puis j'appelle Nicolas.
Une demi-heure plus tard, il débarque dans mon appartement, les bras chargés de médicaments qu'il a acheté en venant. Il me ramène depuis la porte d'entrée jusqu'à mon lit, me prépare une tisane de thym et de miel ("la meilleure façon de guérir") et me donne des comprimés pour la fièvre. Quand il revient me porter la tasse, Nicolas prend ma température. 40°. Il me propose un bain tiède qui fera baisser la fièvre. Il fait couler le bain et vérifie la température avec un petit thermomètre. Tout en m'appuyant sur Nicolas, je me traîne vers la salle de bains.
"Allez, dépêche toi ! Je t'ai déjà vu tout nu, commence pas à faire ta chochotte." J'enlève mon caleçon et je me glisse dans l'eau. Elle semble très froide mais il m'assure qu'elle comme il faut. Je vois les poils qui entourent mon nombril flotter à la surface de l'eau et mes doigts de pieds qui dépassent un peu plus loin. A côté de moi, Nicolas me parle, assis sur un petit tabouret. Il parle, il parle et je ne l'écoute pas. Il y a bien des années qu'on avait pas parlé autant (me dit-il) et que ça lui fait du bien ; il me remercie pour hier soir ; il est très heureux de la sortie de son livre et l'éditeur pense qu'il aura de bonnes ventes ; sa mère ne l'a pas appelé pour le féliciter et il s'est senti trahi ; il est revenu c'est grâce à moi ; on devrait se refaire une fois un week-end en Espagne comme y'a deux ans.
Je le regarde, silencieux, la bouche à la hauteur de l'eau. Je me sens vaseux, perdu. Il bavarde encore dix minutes puis reprend ma température. L'idée même de repartir en Espagne avec lui devrait m'exciter au plus au point mais il ne se passe rien. Est-ce que la maladie tue la libido ?
Ce long week-end de trois jours en Espagne a été pour moi la révélation de l'existence d'un Dieu du Sexe et qu'il offrait parfois des moments de grâces à de parfaits athées. J'ai longtemps cru que le sexe c'était compliqué et fatiguant même si je ne m'en prive jamais. Pour arriver à produire un orgasme digne de ce nom, il fallait une adresse que je n'avais jamais eu. Et mes différents partenaires n'avaient jamais prier le Dieu du Sexe eux aussi.
Jusqu'à ce voyage en Espagne où Nicolas et moi nous fîmes l'amour à peu près une vingtaine de fois, dans divers endroits, dans diverses positions mais avec un plaisir chaque fois renouvelé. Sans savoir pourquoi, nos corps étaient électriques. Il suffisait de se toucher pour provoquer un instant de passion violente. L'arrière d'une voiture de location, le lit de la petite chambre miteuse qui donnait sur un océan bleu pétard, une petite cave qui sentait le moisi d'un club de la région voire même les recoins sombres d'une église.
Je me suis senti sali très souvent mais je ne m'en suis rendu compte qu'en rentrant sur Bordeaux. Les travaux dans le ville élevaient des nuages énormes de poussières et je me suis souvenu soudainement d'une fois où je prenais Nicolas sur une longue plage déserte. Le sable fouettait mon visage et je sentais chaque goutte de sueur sur son corps blanc.
Et même après m'être souvenu de tout ça, je n'ai toujours aucun désir. Nicolas m'aide à sortir du bain, je me glisse entre les couvertures. Le choc est rude. Il me fait boire encore une tasse de tisane, je prends une aspirine et il me rassure : ma température a baissé.
Je n'aime pas être malade – presque personne n'aime être malade en fait. La maladie détruit les sens et les sentiments qu'on peut ressentir à part la douleur et l'ennui. Après le départ de Nicolas, je me sens mieux, suffisamment bien pour une discussion par exemple. Mais il est parti. Alors je dois me contenter de la télévision.
Dans la cuisine, il a laissé une théière entière de tisane miel et thym. Je la fais chauffer dans le micro-ondes et je me rallonge péniblement en regardant les images qui défilent. On parle un peu partout de choses qui ne m'intéressent pas – alors qu'elles devraient. Je m'attends à voir pointer Nicolas en début de soirée ; il a un rendez-vous important pour l'adaptation de son livre. D'ailleurs, il m'en a laissé une copie, qui attend sagement que je l'ouvre, posée sur la table de chevet.
Le titre s'étale en grand avec une police énorme et singulière : "LeValet". Le nom de Nicolas apparaît en haut, en plus petit, le nom de l'éditeur est écrit en bas de la couverture. Je l'ouvre, le papier crisse et la reliure fait ce bruit particulier de la première ouverture. "Le Valet" accueille encore une fois le lecteur puis une petite dédicace : "pour A."
Le livre s'échappe peu à peu des mains alors que j'entrevoie les autres lettres de mon prénom qui suivent cette majuscule. Je lis la première page d'un trait puis feuillette le livre. Je reconnais là quelques lieux en Espagne, la maison du Jura de mes parents, la nuit sans chauffage à Lille. Ici et là des prénoms semblent avoir été altérés ou très légèrement changés. Je me rends compte qu'il raconte entre les lignes une histoire qui est la notre. Notre histoire commune à lui et à moi.
Plus j'avance dans le livre plus je me rends compte que je disparais progressivement. Le héros s'installe à Bruxelles, développe une compagnie de location de vibromasseurs, gagne des millions puis découvre l'amour dans les bras d'un jeune israélien venu apprendre le flamand. A cause de ma lecture décousue, l'histoire me paraît saugrenue, incompréhensible, bizarre. "Une compagnie de location de vibromasseurs" ? Quoi ?
Et puis je comprends une chose. Le jeune israélien – champion de hockey sur gazon – s'appelle A. Même sur la dernière page ("Et les oiseaux de mer ne firent aucun adieu. Ludovic et A. marchèrent seul sur les plages au sable crissant, les cheveux battus par les vents arides, les yeux asséchés par le soleil blanchâtre. Ludovic embrassa A.") on ne dit jamais son nom. C'est lui qui doit être en dédicace. J'en déduis qu'il s'appelle donc A. : son petit ami s'appelle A…
Autant le raconter tout de suite : l'été suivant, lors de notre voyage en Espagne avec lui, moi et Nicolas, j'ai couché avec moi-même. Aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai eu une relation sexuelle avec un homme qui me ressemblait, dont les traits flous étaient les mêmes que les miens et où chaque partie de son corps me rappelait une partie du mien. Peut-être était-ce du à une vue de l'esprit, à un déjà-vu pervers… Dans le lit où nous nous sommes retrouvés, il y avait un homme qui me ressemblait.
Je ne suis pas forcément très beau, mais je sais que j'ai du charme. Mes cheveux noirs de jais et frisés, mes yeux clairs, ma bouche ourlée… tout cela attire sans que j'ai à lever le petit doigt. J'ai beau être agréable à voir, je ne me fais aucune illusion sur mon mental : égoïste et solitaire, je cherche désespérément un homme qui saura m'aimer tout en le repoussant. Franck ne m'a plus jamais donné de nouvelles après notre dernière dispute alors je me suis tourné vers Valentin. Plus jeune que moi, les yeux sombres, les cheveux blonds – rien en commun avec moi.
Nous sommes restés ensemble pendant 5 mois et tout fut finit lorsque je partis en vacances avec Nicolas et son petit ami. Ils songeaient au PACS, à l'adoption même alors que j'essayais de dire à Valentin qu'il pouvait dégager. Mais je n'ai jamais la force de faire les choses consciemment. Être désagréable avec lui, l'abandonner dans une salle de cinéma parce que le film ne me plaisait pas ou simplement l'enculer avec une bestialité indécente… je pouvais le faire. Impossible en revanche de lui dire que je ne voulais plus le voir. Il restait accrocher à moi, attendant un geste d'amour qui ne venait jamais.
Et puis le matin de notre départ pour l'aéroport, il n'est pas venu. On a enregistré, passé la douane et dans l'avion, j'espérais encore qu'il allait arriver, en retard. Arrivé à Barcelone, nous avons fait un tour de la ville en taxi puis regagné l'hôtel – un tout petit truc style bed & breakfast – qui était magnifique et puis Nicolas et lui sont partis faire une petite balade en amoureux.
Je suis resté dans la chambre, à me demander exactement ce que je devais faire. Appeler Valentin ? Ne pas appeler Valentin ?
Il avait éteint son téléphone – je ne laissai aucun message.
Après une petite visite nocturne d'un musée et un repas trop épicé pour moi, nous sommes rentrés à l'hôtel. Dans la chaleur moite de la ville, nous avons croisé une sacrée quantité de jeunes gens, d'étudiants étrangers, de backpackers. Agrippés aux comptoirs, ils boivent et boivent encore. Nous avons préféré laisser l'alcool aux (nombreux) soirs suivants. Il me dit qu'on trouve facilement des mecs dans le coin – qu'il a choisi le quartier exprès pour son ambiance gay-friendly. Nicolas le frappe dans les côtes avec un petit regard désobligeant. Je le remercie mais "je crois que j'ai eu ma dose pendant quelques temps".
Voilà ma réponse – stupide réponse. Mensonge éhonté puisqu'une fois dans l'hôtel, ils me demandent de venir boire un verre avec moi et que je monte. Dans leur chambre, on commence, entame puis termine une bouteille d'Amarula. N'importe quoi cette phrase, alors que je profite de l'absence de Nicolas pour décocher un sourire de tueur à son petit ami. Du pipeau quand Nicolas revient et qu'il dit qu'il ne se sent pas bien et qu'il va faire une bêtise et qu'il prend ma tête entre ses mains et qu'il m'embrasse à pleine bouche. Je dégrise presque instantanément et je pense, un quart de seconde, à Valentin.
Nicolas recule et lance un regard étourdi vers son copain. Il le regarde avec méfiance puis se lève et l'embrasse à nouveau. Doucement, devant moi, ils enlèvent leurs t-shirts et se caressent.
Je reconnais finalement que je suis un bel homme. En tout les cas, je me vois beau : en face de moi, je distingue sous son visage si similaire au mien, un corps que je connais déjà. Ce sont les mêmes cotes un peu saillantes, les tétons cerclés de peau, les poils doux. Une longue ligne descend vers son jean ; Nicolas y plonge la main.
"Je crois que j'ai eu ma dose pendant quelques temps" ? C'est ça que j'ai dit ? Quel idiot je fais. Je m'avance, j'embrasse Nicolas et mes mains frôlent son ventre contracté. Ses mains frôlent mon corps. Je l'embrasse. La même langue ? La même salive ? Je garde les yeux ouverts, j'observe de très près son visage, son grain de peau. Entre lui et moi, il y a Nicolas, perdu dans une sorte de transe étrange, se frottant contre nos deux corps.
De loin, on doit ressembler à une sculpture moderne, un truc assez difforme : six jambes entremêlées, six bras courants sur la surface, trois têtes soudées par un baiser intense et liquide. Je me dégoûte ; sincèrement, je me dégoûte. J'ai l'impression de me violer moi-même, de retrouver un vieux souvenir honteux peut-être un fantasme dérangeant ou une branlette faite devant un miroir – pour voir à quoi ça ressemble un homme qui jouit, j'avais 15 ans à tout casse. Je n'arrive pas à expliquer mes sentiments – alors qu'il me pousse sur le lit et ouvre mes cuisses – quand je le vois et que je le sens près de moi, avec moi, dans moi.
Lentement, il me pénètre. Entre mes cuisses entrouvertes, je découvre mon double, qui m'encule sans en avoir demandé la permission.
Nous n'avons jamais recommencé. Bien des mois plus tard, après ma rencontre avec Martin, j'ai revu Valentin dans un café. Je crois que je lui devais des explications. Il m'a écouté avec calme et gentillesse même si au premier abord il avait plutôt envie de me gifler et de partir en pleurant. Un bon garçon. Il venait de passer son BEP je ne sais quoi et il bossait dans une boîte à La Rochelle.
Je vis maintenant avec Martin, un jeune avocat. Il gentil ; c'est sa principale qualité et son amour pour moi est aussi rassurant que simple et direct. On pense aller s'installer à Cannes ou à Antibes – il a eu une proposition pour travailler dans un cabinet de la région.
Je vois assez souvent Nicolas et son petit ami. Ils vont se marier en Hollande cet été et je suis officiellement le témoin de Nicolas. Ca sera une belle cérémonie, si j'ai le courage d'y aller. On se voit tous les quatre même si Martin ne connaît pas toute l'histoire et ne la connaîtra probablement jamais.
Quant à lui, je le vois de temps en temps tout seul. On est rien que tous les deux, dans la petite chambre d'un hôtel ou dans mon appartement lorsque Martin est au boulot. On se voit sans se parler. On baise et puis il s'en va. Je reste allongé, je fixe le plafond et je pense à cet homme qui me ressemble.
06 avril 2007
Viquende
Humeur du moment : j'ai bu un thé bizarre
Musique du moment : Arcade Fire
Bon soyons franc, il y a autre chose... et ce n'est pas le fait que lundi soir j'ai un gros dîner à préparer et que je dois impressionner à fond notre voisin allemand très sympathique ainsi que le directeur de l'Ecole de Musique d'Amboise. Non, ce n'est pas ça - je sais que je vais faire claquer les langues avec mon gigot d'agneau en croûte et mes Amadeus (sorte de fondant au chocolat mais en meilleur).
Alors qu'est-ce qui va se passer ? Hé bien je vais présenter Kevin à ma famille. C'est déjà un grand moment, surtout si l'on considère qu'une partie de ma famille n'est pas au courant que je suis gay. C'est là où tout devient terrifiant et excitant. La partie terrifiante, je pense que c'est Kevin qui l'a ^^ Moi je suis plutôt confiant et impatient de voir leurs réactions.
Je rigole d'avance en fait.
Mais je vous tiendrais au courant :)
04 avril 2007
My first message from Linux
Humeur du moment : guilleret
Je viens de recuperer le portable (americain d'ou l'absence d'accents) de ma belle-mere, qui en a eu un nouveau et j'ai decide de passer a la vitesse superieure en formattant le disque dur et en installant Linux.
L'experience fut longue et difficile. Au depart, impossible de lancer Linux... et puis magiquement, le GRUB a fonctionne. C'est moi facile que ca en a l'air tout de meme... Mais je m'amuse pas mal. Je me suis fait mon propre petit menu avec tous mes dossiers de documents, je me suis battu pour pouvoir ouvrir des fichiers .rar et je me bats encore avec le plugin des mp3... mais je suis vivant !
Je me suis installe la machine virtuelle SCUMM, qui permet de faire tourner de "vieux" jeux d'aventure (Sam & Max, Monkey Island, Broken Sword) et meme un emulateur SNES. Je vais bien m'amuser !!
Pour les petits curieux, je suis sous Xubuntu. L'age et la puissance du portable ont eu raison de Ubuntu...
Ah et... derniere chose : le portable s'appelle Ophelie !
26 mars 2007
Nintendo of Anthony
J'ai reçu cet après-midi un mail dans un anglais approximatif qui m'expliquait que j'étais pris. Je vais bosser pour Nintendo of Europe. Voilà.
Je cache ma joie - je vous le promets. Je m'aime bien parfois.
Mauvaise nouvelle : je ne sais pas encore très bien quand je commence, j'en saurais plus cette semaine. Mais j'ai hâte. Très très hâte. Trop hâte ?
En tout cas, Anthony, testeur de localisation, est prêt à partir vivre au bout du monde !!!
Coups et Blessures
Humeur du moment : enflé
Musique du moment : The Hidden Cameras (un groupe génial)
Mais trop, c'est trop.
Hier, je descendais
Les marches de mon escaliers.
Sans prévenir, une marche se casse
Et je tombe, avec toute ma masse.
Quelques heures plus tard,
Je sors dans la nuit noire
Et je trébuche sur une brouette.
Accident douloureux, accident bête.
Mon corps n'est que souffrance.
23 mars 2007
Direct live d'un webcafe
Humeur du moment : fatigué
Musique du moment : le vrombissement des ordinateurs
Donc j'attends. Personne sur MSN (bien fait, j'ai qu'a venir plus souvent). Personne ne repond a mes mails. Je peux encore stresser pour la reponse. En fait (attention, moment original en approche) je passe de la joie eternelle - j'ai reussi l'entretien - a du desespoir profond - je ne serais jamais pris.
Donc ca veut dire que je ne serais pas pris.






